La Caritas Baby Hospital de Bethlehem
12/05/2009 (3:45)

Une vraie providence pour une terre déchirée par des années de guerre, de pauvreté et de malaisé social …Situé de l’autre côté du mur, juste après le nouveau poste de contrôle, le Caritas Baby Hospital de Bethléem est, pour les milliers de petits patients qui vivent dans les territoires palestiniens, le seul et unique hôpital spécialisé en pédiatrie. Cet hôpital, qui fournit des soins, est aussi un centre de formation, né il y a plus de 50 ans, d’une aide spontanée. Tout a commencé en 1952, la nuit de Noël.. le père Ernest Schnydrig, mandaté à Bethléem par la Caritas allemande, voit un père, désespéré, enterrer son petit garçon dans la boue d’un camp de réfugiés palestiniens. Bouleversé par cette scène, il décide de louer une maison et d’y installer 15 lits, donnant à ce lieu le nom de: Caritas Baby Hospital. Désormais, sur ces lieux, terre de naissance de Jésus, plus aucun enfant n’aurait encore à subir le refus d’une assistance médicale.

La structure provisoire des premiers temps évolue jusqu’à devenir un hôpital moderne de 82 lits: deux départements pédiatriques, un service pour les nouveau-nés et les prématurés en soins intensifs; une crèche; un cabinet pour les échographies; une école d’infirmières, et un espace pour les mamans qui, pour pouvoir rester au chevet de leurs enfants, bénéficient par ailleurs de petits logements.

Avec ses 200 employés le Caritas Baby Hospital constitue, après l’université, la seconde source d’emploi pour la population palestinienne de Bethléem et ses environs. Le nombre d’enfants hospitalisés chaque année s’élève à 3.000, et à 15.000 le nombre des petits patients accueillis chaque années pour y recevoir des soins ou suivre des traitements en cabinets. Bien que ses activités aient été mises à lourde épreuve par les difficultés dues conflit israélo- palestinien, cet hôpital mérite de figurer au milieu de tous les ponts d’espérance et de paix qui ont été construits en Terre Sainte.

Sr LUCIA CORRADINI: « Les enfants n’arrivent pas toujours à rejoindre l’hôpital.. maintenant de manière moins évidente par rapport à la période du couvre-feu et de l’intifada. Ceux qui ont vu ces murs qui nous entourent peuvent comprendre que pour nous , étrangers, il est facile de se déplacer librement mais la population locale, elle, n’a pas cette même facilité. »

L’hôpital qui vit grâce à la générosité de nombreux donateurs (en particulier de Suisse, d’Allemagne et d’Italie) est à son tour un exemple de solidarité, dans la mesure où il va à l’encontre des exigences de la population plus pauvre: souvent les familles de petits patients participent aux frais par une petite contribution symbolique, selon leurs moyens. Mais le Caritas Baby Hospital, une structure chrétienne appréciée de tous, est également un exemple de cohabitation extraordinaire entre personnes de religions différentes: la majorité du personnel et des familles qui bénéficient de ses services sont musulmans.

Les sœurs élisabéthaines de Padoue sont au service de l’hôpital depuis 1975. Aux pèlerins qui viennent visiter l’hôpital elles racontent l’histoire de l’hôpital , parle de ses activités quotidiennes , de ses objectifs, de ses difficultés et de ses espoirs.. « Ici les enfants, se plaisent-elles à répéter, sont un rappel constant à l’espérance et à la vie, malgré toutes les difficultés de cette terre ».

« C’est une réalité qui m’a changée .. au niveau du cœur, de l’esprit, et ma manière de travailler pour ces gens . Je porte dans mon cœur les personnes que j’ai rencontrées, les enfants dont j’ai pu m’occuper .. mais ce qui me tient le plus à cœur c’est de pouvoir transmettre à ces personnes, malgré toute la souffrance, malgré ces murs, tant d’espérance, la volonté de vivre; rester ici à Bethléem en vaut la peine, rester avec ces personnes en vaut la peine. »


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